Cycle de conférences Géo-Gestes proposées par le Performance Lab

Du  29 avril 2021 au  31 décembre 2021

D'avril à octobre 2021 avec des spécialistes en danse, géographie et performance
La manière dont nous menons nos recherches et dont nous récoltons les données concernant l’acte performatif fait émerger, chez les chercheurs en arts et en sciences sociales, des questions d’agentivité et de matérialité. Dans le cadre d’une performance in situ et d’une recherche de terrain, lorsque nous observons le lieu, non seulement en tant qu’endroit, mais aussi en tant qu’action, nous portons notre attention sur les variables relationnelles de l’échelle spatio-temporelle, de l’agentivité et de la politique. Dans le cadre du Performance Lab, nous nous intéressons à la façon dont la géographie et la danse in situ, font naître des questions de positionnalité incarnée et permettent d'appréhender le travail corporel ainsi que leurs qualités spatio-temporelles multi-sites.


Le cycle de conférences proposé par le Performance Lab explore la manière dont ces disciplines mettent en question le performatif, en plaçant et déplaçant de nouveaux contenus et cadres conceptuels de référence, dans les champs de la géographie, de la performance et de la chorégraphie. Les chorégraphes de même que les géographes s’intéressent aux façons dont les humains interagissent avec l’espace et le lieu, pourtant l’échelle spatio-temporelle est étrangère aux chorégraphes et le géographe ignore souvent la granularité de la kinesthésie.

Depuis les années 1990, les géographes identifient les interactions mondiales et locales comme des échelles spatio-temporelles relationnelles. Cette idée se fonde sur le profond changement dans la perception de la distance et de la proximité. De ce fait, la manière dont le lieu et le rôle du corps sont appréhendés et étudiés a profondément changé. D’une part, les relations incarnées sont désormais objet de recherche et d’autre part, l’agentivité corporelle du géographe doit être prise en compte.

Depuis le milieu des années 1990, les sciences de la danse se sont intéressées à la manière dont l’agentivité incarnée est éclairée par les connaissances kinesthésiques des chercheurs et ses conditions géographiques. Aujourd’hui, nous nous demandons : si nos corps portent et réinventent à la fois, les expériences kinesthésiques, alors en quoi la recherche en création apporte-t-elle un nouvel éclairage sur notre compréhension du corps multi-site ? Comment mener une réflexion quant à la façon dont les gestes corporels traversent les frontières physiques, temporelles et spatiales ? En quoi la relation performative avec le lieu met en question la façon dont le mouvement du corps est cartographié, matérialisé et, plus tard, décrit ?

Afin de répondre à ces questions, des spécialistes en danse, géographie et performance sont invités, au cours du cycle de conférences, à s’exprimer sur la manière dont leurs projets de recherche entremêlent la matérialité et la performativité dans leur apport théorique, méthodologique, dans leurs recherches de terrain ainsi que dans leur production scientifique universitaire

 

Programme des conférences "Géo-gestes"

 

> Jeudi 29 avril (EN VISIO) - Harriet Hawkins - La Performance Souterraine

Harriet Hawkins est co-directrice fondatrice du Centre for GeoHumanities au Royal Holloway de l’Université de Londres et directrice du Techne AHRC Doctoral Training Partnership. Elle est membre du groupe d’experts en Géographie et sciences de l’Environnement. Ses recherches portent sur le croisement entre géographie, art, créativité, esthétique et imagination. Elle se demande en quoi les pratiques créatives peuvent participer aux principaux débats contemporains - comme, par exemple, l’utilisation actuelle et future d’espaces souterrains et les combats pour la cause climatique. Son projet de recherche actuel, THINK DEEP, est financé par une subvention du Conseil européen de la recherche sur cinq ans.

> Jeudi 3 juin (EN VISO) - Amanda Rogers - Géopolitique chorégraphiée : La danse cambodgienne contemporaine et la politique de la nationalité

Amanda Rogers est professeure associée en géographie humaine et en géohumanités à l'université de Swansea, au Royaume-Uni. Elle mène des recherches sur les géographies de la performance et des arts du spectacle, en particulier le théâtre et la danse. Ses travaux actuels se concentrent sur les cultures de performance post-conflit en Asie du Sud-Est et leur relation avec les politiques de nationalité. Elle s'intéresse particulièrement à la danse cambodgienne contemporaine et à la manière dont elle exprime l'histoire, la culture et l'identité, et dont elle y est intégrée. En 2020-2021, elle est titulaire d'une bourse de recherche Leverhulme Trust et d'une subvention principale AHRC GCRF sur ce sujet et rédige actuellement une monographie provisoirement intitulée Choreographing Cambodia. Les recherches antérieures d'Amanda Rogers se sont concentrées sur les connexions transnationales entre les théâtres américains d'origine asiatique, britanniques d'Asie de l'Est et d'Asie du Sud-Est, en examinant comment les politiques d'identité et de migration affectent la pratique créative. Ce travail a été publié sous forme de monographie en 2015 intitulée Performing Asian Transnationalisms: Theatre, identity and the geographies of performance. Elle a déjà été titulaire de bourses postdoctorales de l'ESRC et de la British Academy, ainsi que d'une bourse British Academy-ASEASUK-ECAF. Elle est actuellement secrétaire de recherche de l'Association of South East Asian Studies U.K. et siège au conseil d'administration de la Papertrail Theatre Company à Cardiff.

Programme du 3 juin à télécharger

 

> Jeudi 24 juin - Christine Douxami

Christine Douxami est MCF-HDR en arts de la scène à l'Université de Franche-Comté en anthropologie et arts de la scène. Elle a été formée à l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble avant de poursuivre avec un DEA et un doctorat à l'EHESS en anthropologie. Dans le cadre de son travail de terrain de thèse puis d'un post-doc, elle a résidé au Brésil de 1997 à 2005 et de septembre 2012 à septembre 2014, où elle était associée à l'école doctorale de l'Université Fédérale de Bahia (UFBA) en Théâtre.

> Jeudi 30 septembre -  VK Preston

VK Preston est professeure adjoint au département d'histoire de l'Université Concordia et membre du corps professoral du programme de maîtrise en danse de la University of the Arts de Philadelphie, qui est situé à l'échelle internationale. Les travaux de VK sur les procès en sorcellerie, la performativité, la danse et le théâtre ont vu le jour lors de stages à l'École normale supérieure de Paris et à la Cité internationale des arts. Après avoir obtenu un doctorat au département d'études sur le théâtre et la performance de l'Université Stanford, avec une mineure en histoire, VK a poursuivi des études postdoctorales à l'Institute for the Public Life of the Arts and Ideas et au Sense Lab de McGill.

> Jeudi 21 novembre - Carrie Noland

Carrie Noland est professeure de littérature française et comparée à l'Université de Californie, Irvine.  Ses recherches portent sur la poésie et la poétique modernistes, la phénoménologie, la danse, les études sur la performance et la théorie postcoloniale.  Elle a notamment publié : Migrations of Gesture (Minnesota, 2007), en coédition avec l'anthropologue Sally Ann Ness, Agency and Embodiment (Harvard UP, 2009), qui étend son travail sur la poétique textuelle au domaine de la poétique corporelle, ou l'acte de faire du sens avec le corps, et plus récemment After the Arbitrary : Merce Cunningham, Chance Operations, and The Human Situation on Stage.

Publié le 25 mai 2021