Choreographic cartographies

Cartographier le mouvement (corps, espaces, territoires) porté par Anne Laure Amilhat Szary et Gretchen Schiller
"Qu'est-ce que la chorégraphie sinon une pratique incarnée qui exige une réorganisation continue de l'espace?" (Osterweis 2016). Mais comment cela reconfigure-t-il le pouvoir d’action ?
La manière dont les corps qui choisissent de bouger (par exemple les danseurs, les acteurs, les athlètes) peut être très différente de celle de ceux qui sont obligés de se déplacer (les migrants). Ces deux contextes distincts seront explorés dans deux projets de recherche interdisciplinaires. L’un mettra l'accent sur ceux qui ont choisi de se déplacer via une étude du geste de performers experts (dans le cirque et la danse) et l’autre sur les gestes quotidiens en contexte urbain, en étudiant plus spécifiquement les migrants et les personnes en exil qui sont obligés de déménager. Le fait de travailler dans ces deux contextes socioculturels très différents nous permettra d'aborder les approches critiques et éthiques de la capture et de la représentation des pouvoirs d’action du corps  en mouvement, et de s'engager de manière critique dans des questions relatives au patrimoine de la performance, à la mémoire et à l’identité.

Geo-gestes: actions situées et scalarité  Ici, les répertoires de gestuels habituels pour des contextes socioculturels donnés seront rassemblés à travers des expériences de performances participatives. Le fait de travailler sur la dimension situationnelle de la performance implique de s'interroger sur la manière dont l'action supporte à la fois le poids du site dans lequel elle se développe et sur la manière dont elle l'influence en retour. L'objectif est de caractériser la scalarité et la spatialisation de la performance et d'explorer une «topologie kinesthésique» multicouche (Schiller & Rubidge 2014) des expériences corporelles. Travailler avec les populations, et plus spécifiquement les migrants et ceux en exil, nous permettra de déployer notre analyse scalaire à la fois dans le temps (transgénérationnel) et dans l'espace (global / local). Cette approche nous permettra de nous concentrer sur des questions socioculturelles telles que les mémoires et les espaces affectifs, les espaces de diaspora, les transnationalités ou les translocalités, etc.

Publié le 17 janvier 2019